Ça fait mal!

Une logistique catastrophique

On m’avait proposé de coproduire un spectacle à Québec. Le soir en question, j'arrive avec un étrange sentiment de calme avant la tempête. Voyez-vous, on m'avait proposé de me produire dans une salle de style cabaret en m'assurant que j'allais avoir la place à moi tout seul, qu'on allait offrir un service de bouchées (style traiteur) avant le show et qu'il y aurait un bar pour les rafraîchissements. Ayant toujours aimé sortir de ma zone de confort, j’avais pris la décision d’accepter malgré la disposition douteuse de la pièce et une forte intuition de refuser l’offre. Je m'étais convaincu que ce serait une expérience enrichissante et un apprentissage unique (faire un show cabaret est assez différent d'une conférence !).

J'arrive donc sur les lieux à 18h15, l’ouverture des portes est prévue à 19h00 pour débuter à 19h30. J'entre et, à ma grande surprise, il y a déjà une soixantaine de personnes qui prennent un verre, s’amusent et discutent (assez fort merci). J'observe et remarque qu'une petite partie de la salle semble cloisonnée avec des murs en plastique ? Je m'empresse donc d'aller voir le proprio avec une très grandissante inquiétude (pour ne pas dire exponentielle de seconde en seconde). Le gars m'explique avec un air désolé qu'un de ses employés a, par erreur, réservé la salle en double avec un autre groupe et qu'il a oublié de m'en informer. Que pour remédier au problème, il a décidé de construire un cocon qu'il considère «presque hermétique» dans lequel je pourrai, à son avis, performer dans le calme !

Les mots s'enchaînent dans ma tête (disons que j’ai invoqué le seigneur et tout ce qui peut se trouver dans une église!). De l'extérieur, je suis de glace avec un demi-sourire poli à me demander ce que je vais faire de la situation. D'un côté, je prends le risque de décevoir les gens en les retournant chez eux avec mille excuses et un remboursement. De l'autre, je fonce et donne mon meilleur show à vie afin de compenser pour les conditions logistiques catastrophiques. Le public commence à arriver, ça se remplit et je réalise, qu'avec les nouveaux murs, il me manque 25 places assises. À ce moment précis, j’ai vraiment envie de me mettre en petite boule dans un coin, pleurer puis prendre mes jambes à mon cou et me sauver loin de ce cauchemar!

Avec courage et humour (je me suis rapidement dis que, tant qu'à pleurer, j'allais rire de la situation tout en faisant de mon mieux), je réussis grâce à l’aide de mes amis Jacques et Simon à trouver des chaises de l'autre côté où le DJ anime le micro à fond la caisse... Ça commence à devenir vraiment ridicule. Carrément, je ne peux pas donner une conférence dans ces conditions... c'est tout simplement im-pos-si-ble ! Advienne que pourra, avec ma tête de cochon et mon plus grand sourire courtois, je vais négocier avec le DJ et, miraculeusement, je conclus une entente pour qu'il cesse l'animation vocale et ne garde que la musique à partir de 20h00. Il me reste un 30 minutes à combler (le départ étant prévu pour 19h30) pour tamponner l'attente. Je vais donc jaser avec chacun des participants un à un pour expliquer la situation et tenter de détendre l'atmosphère pendant que leur sont servies des bouchées qui, Dieu merci, sont délicieuses. Sérieusement, je n'ai jamais travaillé aussi fort avant de commencer un spectacle. J’étais trempe à lavette !

8h00, je commence avec le grand sourire... et un verre de vin! : «Laissez-moi vous raconter l'histoire de mon premier show à vie dans un cabaret !». Le monde embarque et ça rigole... tellement qu'ils finissent progressivement par oublier le bruit ambiant de DJ Franky qui se donne totalement de son côté. J’ai fini par bien m'en sortir en jouant la carte que, ce que j'enseigne, je le pratique vraiment et que ce soir en est le meilleur exemple (en capitalisant beaucoup sur le fait que j'étais TÉRRORISÉ avant de commencer !). Avec le recul, j’ai surtout retenu que:

- Quand la petite voix intérieure dit non... c'est non ! (je l'écoute souvent mais maintenant, il n’y a plus d'exception !).

- La vie n'en met jamais plus sur notre chemin que ce que l’on est capable de surmonter... même si ça peut sembler im-po-ssi-ble sur le moment !

- Tout est toujours une question de perception, j'ai décidé d'accepter et de jouer avec le problème plutôt que de me battre contre... ce à quoi tu fais face s'efface n'est-ce pas !

- C'est fini pour moi les cabarets/bars ;)

 

Un party de Noël douloureux

Ma carrière commençait à prendre son envol à un autre niveau. J’avais terminé une série de conférences dans des salles pleines à craquer (certaines de plus de 2 000 personnes). Je m’étais également autoproduis peu de temps auparavant dans la magnifique salle du Gesù à Montréal et avait pratiquement fait salle comble. Bref, ça roulait et ma confiance en mes moyens grossissait exponentiellement! Jusqu’à ce fameux soir de décembre où j’avais été embauché pour donner une conférence pendant un party de Noël d’employés. Le repas avait pris du retard et mon départ prévu pour 20h00 fut finalement reporté à 21h30... Imaginez, la gang était légèrement sous l’effet de la boisson, de la digestion et pour certains, de la fatigue. Après 40 minutes à ramer du mieux que je pouvais pour garder l’intérêt d’un public qui, vraisemblablement, n’avait qu’une envie: faire le party et danser; l’impensable se produisit...

Je regarde les gens avec un grand sourire et leur dis: «J’ai encore 2 petites histoires pour vous et c’est terminé!». Une dame à l’avant me dit alors d’un ton sec: « Non, c’est terminé maintenant. On en a assez entendu, on veut danser.» Je la regarde, puis regarde la gang et demande avec beaucoup d’humilité: «Bein, est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que l’opinion est unanime?». Curieusement, j’observe que ce n’est PAS unanime et que les gens semblent vouloir que je termine (du moins une partie d’entre eux!). Mais la dame s’y remet: «Je pense qu’on s’est mal compris, j’ai dit que tu avais terminé alors tu t’en vas!». Cette fois j’ai acquiescé et salué les gens tout en leur souhaitant une bonne fin de party. Ce que j’ignorais à ce moment était que la dame en question était la présidente de la compagnie, j’avais été engagé par son assistante et ne la connaissais pas... Malaise! Ce soir là, je suis retourné chez moi en me rappelant que, pour exercer ce métier, il faut parfois faire preuve d’une bonne dose d’humilité. Disons la vérité, mon petit orgueil en a prit pour son rhume ha ha ha!

 

Mon plus grand trac en carrière

C’était le 16 octobre 2007. Après avoir travaillé une partie de l’été à écrire mon livre, Ralentir pour Réussir, j’en faisais le lancement en grande pompe à la salle du Gesù de Montréal en combinant l’événement à un spectacle grand public. J’avais investi beaucoup de temps et d’argent à faire de cette soirée un grand succès. Couverture médiatique, personnalités du showbiz, amis et famille, la salle était pratiquement complète. Je dois avouer que j’étais très intimidé à l’idée de performer devant mes pairs et des membres de la colonie artistique. Parce que je filmais l’événement pour en faire une vidéo promotionnelle, j’avais engagé une équipe technique pour capter la répétition en après-midi et le spectacle en soirée. Petit hic, pendant la générale, je me mélange complètement et totalement dans mon texte. J’étais tellement mêlé que je n’arrivais pas à tricoter pour me ramener et je dus arrêter en plein milieu. Pire, parce que le public allait bientôt commencer à arriver, j’ai manqué de temps pour conclure cette répétition peu concluante. Je m’en rappelle encore comme si c’était hier, je vais conserver ce souvenir TOUTE ma vie! Une heure avant le show j’ai fait, pour la première fois de ma vie, une crise de panique... vraiment! J’étais complètement terrifié à l’idée de m’égarer une fois de plus dans mon texte devant 400 personnes le soir d’un moment si important pour moi. J’avais beau tout essayer, rien n’y faisait. Croyez-le ou non, j’ai pleuré à chaudes larmes pendant l’heure précédent ma prestation... à chaudes larmes, jusqu’à ce que le technicien me donne le micro à l’arrière scène et me dise d’un air compatissant: «On ouvre les rideaux dans 2 minutes le gros, bonne chance!». À ce moment, j’ai compris que je ne pouvais plus me sauver nulle part. Alors je me suis ressaisi, j’ai essuyé mes yeux enflés et rougis puis j’ai monté sur scène et j’ai livré... sans me tromper! C’est, à ce jour, un de mes plus beaux souvenirs de victoire personnelle. Bien souvent, ce qui nous fait le plus peur est ce que l’on a le plus besoin de faire pour grandir et passer à la prochaine étape de notre croissance personnelle!

 

Voici un petit résumé de mon premier engagement comme conférencier professionnel...

Bien que la chance du débutant existe réellement, elle n’est pas toujours au rendez-vous! Voici l’histoire de ma toute première conférence. Ce jeudi-là, je me suis réveillé en feu et en forme, j’étais prêt! J’étais stressé, mais très calme à la fois, dans la «zone».

J’arrive au collège et l’organisatrice m’accompagne vers la salle où je vais me donner corps et âme devant mon premier vrai public. Je suis plutôt surpris par sa petite dimension, trente places maximum. Je demande naïvement comment elle va réussir à entasser deux cents étudiants dans une salle aux allures de salon étudiant!

Elle m’explique que les étudiants en sont à leur dernière semaine et donc, tous en examen de fin de session. Qu’en plus, un dîner pour les deux cents élèves bénévoles sur les trois cents disponibles a lieu en même temps que ma conférence! Comble du malheur, il me faudra attendre quelques temps avant d’obtenir mon cachet. Enfin, la seule chose que j’avais demandée pour l’évènement, un projecteur multimédia, n’était pas installée.

Je décide de prendre les choses en main! Nous allons donc chercher le fameux projecteur et l’installons. J’écoute mon intuition et décide d’utiliser les dernières minutes qu'il reste pour faire du porte-à-porte, de classe en classe, afin de chercher quelques personnes de plus. J’ai même terminé debout sur une table de la cafétéria à héler mon message…

Rien n'a fonctionné. La plupart des étudiants sont allés au dîner des bénévoles ou avaient un examen impossible à manquer. 12h30, l’heure fatidique, pas un chat dans la pièce à l’exception de ma chérie qui, même si elle essaie de le cacher, commence à trouver que je fais pitié! Se préparer mentalement pour deux cents personnes et se retrouver avec zéro, ça fait mal! Je décide donc d’aller marcher, dans le but de me recentrer et d’attendre encore un moment avant d’abandonner tout espoir.

J’ai déjà entendu que, si vous voulez faire rire Dieu, montrez-lui votre plan! Il faut croire que je l’ai diverti parce qu’à mon retour dans la salle, il y avait huit jeunes, cinq professeurs et une belle surprise, mon meilleur ami était là. J’avais un public, pas le plus facile par contre, la partie était loin d’être jouée. En fait, elle ne faisait que commencer.

Le départ a été difficile, j’étais très loin de ma zone de confort, stressé à fond et pas concentré sur le moment présent. En plus, j’étais complètement intimidé par les professeurs, car je me répétais «qu’on n’enseigne pas à un enseignant». J’ai eu besoin de trente minutes pour briser la glace, mais heureusement, la deuxième partie a été agréable! En affrontant ma peur de l’inconnu, je me suis servi de cette expérience comme un tremplin à ma carrière et j'ai pris la confiance nécessaire pour continuer sur ce chemin.

 

Mon plus douloureux discours...

Mon plus douloureux discours à vie fut dans le contexte d’un concours dans un club pour orateur Toastmasters (qui était simultanément mon premier essai dans cette fantastique organisation). J’étais tellement nerveux que j’ai commencé à faire de l’acidité gastrique. À ce point nerveux que cette même acidité s’est transformée en reflux... j’avais la bouche acide! J’ai terminé mon discours avec quatre abcès buccaux aussi gros qu’un diamètre de petit doigt. Ce soir là, j’ai compris que j’avais encore beaucoup de travail à faire pour me rendre là où je souhaitais, professionnellement parlant!

 

Mon arrivée dans les ligues majeures...

Il y a quelques années déjà, je travaillais extrêmement fort à conclure un contrat avec une importante chaîne de restaurants. Le président cherchait quelqu’un pour former les employés de ses quatre-vingts restaurants. Ayant travaillé en restauration pendant quelques années, je savais exactement ce dont il avait besoin. Mes attentes étant élevées, je canalisais mes efforts jour et nuit pour préparer un plan de formation qui synthétiserait des années d’expérience en une journée d’atelier et de formation.

Tout semblait indiquer que c’était dans la poche, que j’allais enfin démarrer ma carrière et réaliser mon rêve. Le grand jour s’est présenté. Enfin, après des années de vache maigre, mes efforts allaient rapporter. J’étais très agité intérieurement. Après avoir patienté un peu, j’ai pris l’ascenseur pour me rendre au dernier étage, au penthouse. Ce n’est qu’une fois dans l’ascenseur que j’ai réalisé à quel point j’étais nerveux. Non seulement mes genoux claquaient, mais tout le reste tremblait. C’est ce que nous appelons avoir peur de perdre ce que nous ne possédons même pas encore!

Quand je suis arrivé dans le bureau, j’avais l’air d’être tombé dans une piscine: j’étais imbibé de sueur et je transpirais même des cheveux! Au moment où le vice-président de la chaîne m’a serré la main, je me suis subitement senti rétrécir. Il m’a alors regardé droit dans les yeux en me demandant: «Alors, vous avez apparemment un très bon programme de formation pour notre personnel de service. On vous écoute!»

Je me suis mis à bégayer à ce moment précis devant le président et ses associés. Plus je bégayais, plus j’étais stressé. Et plus j’étais angoissé, plus je bégayais! Imaginez la situation: le conférencier qui éprouve d’énormes difficultés à communiquer et à faire sa présentation parce qu’il est trop stressé! J’aurais pu remporter un oscar pour l’interprétation dramatique et l’intensité du jeu si j’avais été filmé et si j’avais joué! J’ai fait ce que j’ai pu pour couler avec grâce et dignité.

Vous devinez sans doute la suite, la rencontre a été une leçon pour le moins bien difficile à digérer. En moins de vingt minutes, j’avais réduit mes chances de décrocher un contrat majeur à zéro. En sortant de l’immeuble, j’ai marché tranquillement vers le stationnement jusqu’à ma voiture et c’est à ce moment que j’ai réalisé que j’avais royalement manqué mon coup.

Le pari était très audacieux, mais à l’époque, je n’avais absolument pas l’expérience et la maturité pour me retrouver dans les bureaux du siège social d’une aussi grande entreprise. En fait, je n’étais pas préparé mentalement pour ce genre de défi. La réussite est le résultat d’un bon jugement. Celui-ci est le résultat de l’expérience et l’expérience est souvent le résultat d’un mauvais jugement! C’était pour moi un apprentissage mémorable. L’audace peut être très utile, mais sans préparation adéquate, nous risquons de nous tirer une balle dans le pied.

 

C’est la foule...

Cette fois j’allais être prêt, rien avais été négligé... du moins c’est ce que je croyais! L’aventure commence plutôt, la veille, je vais chercher le projecteur multimédia que je loue pour pouvoir faire une présentation avec Power Point. Arrivé à la maison, j’ai le réflexe de vérifier le projecteur pour m’assurer que tout est fonctionnel. La loi de Murphy s’acharne, la machine est programmée pour projeter les images à l’envers. Pire, pour l’inverser (à l’endroit), j’ai besoin de la télécommande qui comme de raison n’est pas dans la boîte. Stressé juste à point, j’ai passé la nuit à rêver que j’étais poursuivi par un ours féroce qui essayait de me dévorer à tout prix. Sans doute le spectre de ce qu’on appelle communément la peur d’avoir l’air d’un imbécile en public! Je me réveille le lendemain matin, jour J, les jambes ankylosées de ma poursuite contre le dangereux prédateur...

La situation s’améliore car l’entreprise où j’ai loué la machine accepte de me porter la télécommande «rush» et m’aide à reprogrammer le tout. C’est ce que j’appelle du service à la clientèle! Puis, c’est le départ. Arrivé au centre communautaire, je me fais accueillir par un très sympathique monsieur qui semble surpris par mon jeune âge. Petit problème en perspective. Il m’explique que les rues avoisinantes sont aujourd’hui bloquées car il y a une journée vélo dans l’arrondissement. Comble de la malchance, il pleut averse depuis trois semaines et aujourd’hui, le mercure indique 25 degrés avec un ciel complètement dégagé.

Les organisateurs prévoyaient environ une centaine de participants, j’ai finalement performé devant une charmante femme, une mère et son adolescente. Avec l’organisateur, ils étaient quatre!

 

Mon premier public difficile...

J’avais négocié une présentation gratuite avec le propriétaire d’une chaîne de sept restaurants. L’entente était simple, je donnais un séminaire gratuit et, si les besoins étaient comblés, j’avais le contrat pour former les six autres. Le matin en question, le propriétaire arrive en retard de trente minutes et les employés sont de très mauvaise humeur (dû à un problème d’horaire, l’heure avait été modifiée pour une formation disons... matinale). J’étais tout à fait conscient que de lever des serveurs/es pour 9h00 un samedi matin était une très mauvaise idée mais j’avais tout de même accepté, l’expérience qui rentre! Ça commençait plutôt mal. Cerise sur le gâteau, le propriétaire qui devait observer la journée, question de se faire une idée sur la qualité de mes services, dû quitter d’urgence après seulement vingt minutes. Maintenant, il n’y avait pas uniquement les participants de mauvaise humeur! J’ai tout de même pris la décision de donner mon 100% et, cette journée là, j’ai compris ce que «professionnel» signifiait vraiment pour moi. J’appris plus tard dans la même semaine que l’homme en question ne possédait en fait qu’un seul restaurant, celui que j’avais visité!

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